Oscar et Albert – Chris Naylor-Ballesteros
Quand j’ai acheté, pour ma petite dernière (4 ans), Oscar et Albert, de Chris Naylor-Ballesteros, je savais déjà que j’allais retrouver un univers que j’apprécie beaucoup.
J’aime particulièrement les ouvrages de cet auteur (notamment La valise qui est un pur chef-d’œuvre !) et Oscar et Albert se montre tout à la fois malicieux et lumineux. Un régal !
Un album épuré, poétique et plein d’humour
Ce que j’aime chez Chris Naylor-Ballesteros, c’est cette manière de raconter beaucoup avec des illustrations au dessin épuré, aux couleurs contrastées, aux personnages expressifs et aux détails qui attisent la curiosité.
Les illustrations se dégustent. Certains éléments nous mettent dans la confidence, nous permettent d’anticiper la suite ou de comprendre une situation avant même que les personnages ne la comprennent. Le lecteur devient alors complice de l’histoire.
Les tentatives de cachette d’Albert, les réactions des deux amis et les situations parfois cocasses rendent la lecture particulièrement savoureuse. On sourit, on rit, on attend la suite… et l’on se laisse surprendre.
Mais l’humour n’est jamais gratuit. Il accompagne une histoire pleine de tendresse.
Une histoire d’amitié
Oscar et Albert jouent à cache-cache.
Oscar compte jusqu’à 10, mais Albert ne gagne jamais. Et ça le rend triste.
Oscar cherche alors une solution pour permettre à Albert de gagner, enfin.
Il décide de lui laisser plus de temps en comptant cette fois jusqu’à 100 ! Cela fonctionnera-t-il ?!
C’est là qu’on découvre la force des albums de Chris Naylor-Ballesteros. Sous l’apparente légèreté du récit, l’auteur sait raconter en finesse, avec beaucoup de délicatesse et d’humour, une histoire forte : une histoire d’amitié profondément généreuse et humaine.
Et si l’on comptait avec Oscar ?
Évidemment, dans ma tête d’enseignante, je vois les nombres défiler le long des pages et une idée germe immédiatement. Et si l’on comptait avec Oscar ?
D’un point de vue didactique, le réel intérêt réside dans le passage de la courte bande numérique jusqu’à 10 (lue rapidement) à celle qui s’étire jusqu’à 100 au fil des pages. Ce saut quantitatif illustre concrètement pour les élèves la différence d’ampleur entre les petits nombres (jusqu’à 10) et une centaine. Le fil de l’écharpe représente symboliquement cette grandeur.
Cet album est donc parfait à proposer en lecture offerte puis à laisser entre les mains des élèves qui iront recompter, pas artificiellement mais bien parce qu’Oscar compte, il compte longtemps, tout au long du livre, et jusqu’à 100 pour laisser du temps à Albert, le temps de trouver une bonne cachette, l’opportunité de remporter enfin la partie.
Pas d’exploitation pédagogique à proprement parler mais une belle ouverture sur la construction de la centaine, sur le comptage linéaire et un livre à lire et relire en toute sérénité pour travailler tranquillement sa comptine numérique jusqu’à 100.
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